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10 monuments parisiens à redécouvrir

Les membres de la Société des Artistes Français ont contribué à faire de Paris un écrin à trésors architecturaux dont nous vous proposons ici une sélection. Vous n’avez plus qu’à suivre les consignes gouvernementales et vous aérer tout en devenant incollable sur l’histoire de la ville et de ses monuments !

 

Le Grand Palais

A la fin du XIXe siècle, Paris se prépare à accueillir l’Exposition Universelle de 1900. De nombreuses idées pour embellir la ville sont lancées. Parmi elles, la création de deux Palais des Beaux-Arts pour encadrer l’avenue Nicolas II (actuelle avenue Winston Churchill). La construction du Grand Palais est confiée à quatre architectes, tous sociétaires de la Société de Artistes Français : Henri Deglane, Louis Louvet, Albert Thomas et Charles Girault. Le chantier colossal est terminé en trois ans, à temps pour l’Exposition Universelle. L’édifice, dont l’architecture monumentale allie acier, pierre et verre, connaît un succès retentissant. L’impressionnante Grande Verrière, conçue par Deglane, doit permettre au bâtiment de fonctionner sans électricité. Quant aux décors qui agrémentent la façade et donnent à ce bâtiment moderne un style si particulier, ils sont le fruit du travail de plusieurs sculpteurs, mosaïstes et décorateurs membres de la Société des Artistes Français. Devenu un symbole du nouveau Paris, le Grand Palais a traversé l’Histoire et a eu de multiples fonctions comme celui d’hôpital pendant la Première Guerre Mondiale. Mais ce palais dédié « à la gloire de l’art français » a surtout accueilli de nombreux salons artistiques, à commencer par le Salon des Artistes Français qui lui reste fidèle et s’exporte au Grand Palais Ephémère pour sa prochaine édition.

©Jean Mauvoisin / Imageaste

 

La Gare dOrsay

Chef d’œuvre de modernité, la Gare d’Orsay est inaugurée en 1900, à l’occasion de l’Exposition Universelle. Elle est destinée à accueillir les voyageurs au plus proche des sites principaux de l’exposition. Ce projet constitue un véritable défi pour son architecte dont la mission est de réaliser une gare à la pointe de la modernité mais qui ne jure pas avec l’élégance du quartier. La construction est confiée à Victor Laloux, futur président de la Société des Artistes Français. Celui-ci relève le défi avec brio : l’innovante structure métallique qui soutient la magistrale verrière de la gare est recouverte d’une enveloppe de pierre richement ornée, en parfaite harmonie avec l’architecture des Tuileries et du Louvre. Pari réussi. Edouard Detaille (Peintre et Président de la Société des Artistes Français en 1896) affirme “La gare est superbe et a l’air d’un Palais des Beaux-Arts”. Déclaration prémonitoire ? Au fil des années la gare perd en modernité. Elle est petit à petit désaffectée et échappe de justesse à sa destruction en 1970. Un hôtel international est imaginé à sa place. Après plusieurs rebondissements, il est finalement décidé de la transformer en musée, du jamais vu dans l’histoire de l’architecture industrielle ! Le musée d’Orsay ouvre en 1986, inauguré par le président François Mitterrand.

 

Opéra de Paris

Symbole du Paris Haussmannien, le projet de l’Opéra de Paris est dû à une tentative d’attentat envers l’empereur Napoléon III, lors d’une soirée à l’Opéra Le Peletier. La construction d’un nouveau lieu, plus sécurisé, est ordonnée suite à cet événement. Un concours ouvre en 1860, auquel plus de 170 candidats répondent. On compte parmi eux des grands bâtisseurs et des proches du pouvoir. C’est pourtant un illustre inconnu, le jeune architecte Charles Garnier, qui, à tout juste 35 ans, remporte la direction de ce vaste chantier de 10 000 m². L’empereur aurait été séduit par son culot : aux interrogations sceptiques de l’impératrice face à la particularité de son style très éclectique, Garnier aurait répondu « C’est du Napoléon III ! ». Le chantier est lancé mais les nombreux rebondissements politiques que connaît la France à la fin du XIXe siècle et des problèmes majeurs de fondations le ralentissent. Il faudra attendre la IIIe République pour que le nouvel Opéra de Paris ouvre ses portes, en 1875. Prodige déjà oublié, Charles Garnier ne recevra pas d’invitation et devra acheter sa place pour assister à l’inauguration. Le futur secrétaire du comité de la Société des Artistes Français laisse pourtant en héritage un véritable joyau architectural qui fait figure de modèle pour son style novateur et pour la qualité de son acoustique : un chuchotement sur scène résonne dans toute la salle, mais, à l’inverse, les sons de l’assemblée n’atteignent pas la scène.

 

Le fronton de la Bourse de Commerce

A défaut de pouvoir découvrir les trésors d’art contemporain dont recèle la Collection Pinault, rendez-vous à la Bourse de Commerce pour admirer le fronton en bas-relief de son imposante entrée. Sculpté par Aristide Croisy en 1889, au moment de la transformation de cette ancienne halle aux blés en bourse de commerce, il représente, sous forme d’allégories, la Ville de Paris entourée du Commerce et de l’Abondance. Et lorsque les portes du musée ouvriront, vous pourrez y observer la fresque qui orne l’intérieur de la Rotonde, peinte elle aussi par des membres de la Société des Artistes Français et qui a fait dire à Philippe Noiret dans Touche pas à la femme blanche ! (1974) : « Belle fresque n’est-ce pas ? C’est notre chapelle Sixtine à nous ! ».

 

La Sorbonne

La Sorbonne que l’on connait aujourd’hui est le fruit d’un long projet de rénovation du bâtiment du XVIIe siècle, qui se tient pendant vingt ans à partir des années 1880. C’est de nouveau un jeune inconnu, l’architecte Henri-Paul Nénot, élève de Charles Garnier et président de la Société des Artistes Français en 1924, qui remporte le concours. Nénot a pour projet de construire non pas un collège mais un véritable palais des sciences et des lettres. Les anciens bâtiments, à l’exception de la chapelle, sont donc rasés un à un pendant dix ans. C’est un vaste ensemble qu’il faut rénover et trois chantiers se succèdent : celui du Palais au nord, de la Faculté des Sciences au sud et enfin de la Faculté des Lettres entre les deux. Chacun possède son propre style architectural donnant à la « nouvelle Sorbonne » un aspect très éclectique, mêlant façades néo-Renaissance à colonnes antiques, cour d’honneur classique et bâtiment au style industriel.

 

La Banque de France

En 1899, l’architecte Alphonse Defrasse, membre de la Société des Artistes Français depuis ses débuts en 1881, est nommé chef du service d’architecture et des travaux de la Banque de France. Parmi ses nombreuses missions, dont la création de plus de 30 succursales sur le territoire national, il est amené à réaliser une extension de son siège, l’actuel Hôtel de Toulouse, situé dans le 1er arrondissement. La mise en place de ce projet est très lente et ne commencera que dans les années 20. Defrasse prépare un projet pour la structure extérieure du bâtiment mais aussi souterraine. Il est notamment à l’origine de la fameuse Souterraine, la salle où reposent les réserves d’or de la France, située à 25 mètres de profondeur. 1200 ouvriers se relayent jour et nuit pendant trois ans pour creuser cet espace en galerie. Construite entre 1924 et 1927, elle est constituée d’une salle voûtée soutenue par plus de 700 piliers en béton. En 1932, l’auteur Stefan Zweig remue ciel et terre pour obtenir l’autorisation de la visiter et écrit une nouvelle à son sujet.

 

Le Palais de Justice

Le Palais de Justice connait une longue histoire, riche en rebondissements. Demeure royale à l’époque médiévale, théâtre des procès de la Terreur au moment de la Révolution, le complexe architectural est fortement endommagé par les incendies de la Commune en 1871. Suite à sa rénovation, on confie à Albert Tournaire, architecte en chef de la ville de Paris et futur président de la Société des Artistes Français, la construction d’une nouvelle aile sur le quai des Orfèvres. Il achève les travaux du tribunal correctionnel en 1914 et fait décorer la façade sud de sculptures ainsi qu’un magnifique cadran solaire où l’on peut lire « hora fugit stat jus » : « l’heure passe, la justice demeure ».

 

 Le tribunal de commerce de Paris

Sur l’autre rive de l’Ile de la Cité se trouve le tribunal de commerce, l’œuvre la plus connue de l’architecte Antoine-Nicolas Bailly, un des présidents fondateurs de la Société des Artistes Français en 1881, et son premier président. Il est construit en même temps que l’Hôtel Dieu dans le cadre des grands travaux conduits par le baron Haussmann. Pour l’édification du tribunal de commerce, entre 1860 et 1865, Bailly, sur ordre de Napoléon III, s’inspire de l’hôtel de ville italienne de Brescia, que l’empereur admirait. Quant à la célèbre coupole du tribunal, souvent critiquée, elle est inspirée d’une église que l’empereur aurait remarquée pendant la bataille de Solférino. A la demande du baron Haussmann, Bailly a dû décaler cette coupole, afin qu’elle soit alignée avec le boulevard Sébastopol. Haussmann voulait en effet que chaque boulevard se termine par un bâtiment reconnaissable, sans se soucier de la symétrie de son architecture.

 

Le pont Alexandre III

Comme beaucoup d’édifices parisiens, le majestueux pont Alexandre III a été construit à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900. Il permet de relier les Invalides au Palais de l’Elysée en passant par les Petit et Grand Palais. Il constitue un hommage à l’amitié franco-russe et à la signature, en 1891, d’une alliance entre le tsar Alexandre III et le Président Sadi Carnot. La première pierre a ainsi été posée par le tsar Nicolas II, l’impératrice Alexandra Fedorovna et le président Felix Faure. Un pont similaire a d’ailleurs été édifié à Saint-Pétersbourg. A Paris, la construction du pont Alexandre III est confiée aux ingénieurs Jean Résal et Amédée Alby ainsi qu’à deux architectes sociétaires de la Société des Artistes Français, Joseph Cassien-Bernard et Gaston Cousin. Quant aux riches décorations, 22 sculptures, 32 candélabres et plusieurs dizaines d’éléments allégoriques, qui font de ce pont le plus orné de Paris, elles ont aussi été exécutées par des membres de la Société des Artistes Français.

 

La Flèche de Notre-Dame de Paris

Il faudra attendre la fin des travaux de Notre-Dame de Paris pour observer à nouveau sa flèche si caractéristique et malheureusement détruite lors du terrible incendie de 2019. Mais Notre-Dame n’en est pas à sa première restauration et la flèche que nous connaissions était sa deuxième ! La première, trop abîmée, avait été retirée en 1792 et la cathédrale s’est retrouvée sans flèche jusqu’en 1859, date où le célèbre architecte du XIXe siècle Eugène Viollet-le-Duc en a fait construire une nouvelle, dans le cadre de la restauration du bâtiment. Ce membre de la Société des Artistes Français connu pour son grand projet de rénovation des principaux bâtiments médiévaux nationaux, l’a imaginée dans un style néo-gothique et, cette fois-ci, avec une fonction essentiellement ornementale, contrairement à l’ancienne qui servait de clocher. Les travaux actuels de la cathédrale ont prévu que la flèche soit construite à l’identique, il n’y a plus qu’à patienter pour retrouver ce symbole parisien par excellence.

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