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Le ‘Salon’ de peinture

Au musée Anne-de-Beaujeu à Moulins, la salle dite « Salon de peinture » présente des chefs-d’œuvre des beaux-arts dans une muséographie particulière.

Cette salle rassemble une collection de peintures et de sculptures réalisées principalement entre 1850 et 1900 dans la tradition de l’art académique. L’académisme n’est pas un mouvement mais une production artistique officielle. Les artistes devaient suivre les règles de l’Académie des Beaux-Arts qui régissait la formation, les concours et les expositions officielles. Ils étaient tenus de se plier à des valeurs comme la hiérarchie des genres qui plaçait au sommet les sujets nobles véhiculant un message moral comme le patriotisme, la piété, le courage. Les sujets historiques, religieux ou mythologiques prédominaient sur les scènes de la vie quotidienne, le paysage ou la nature morte. Avant tout dessinateur, l’artiste maîtrisait parfaitement les techniques de son art et excellait dans la composition, la perspective, le rendu des formes et des modelés. Les œuvres étaient toujours réalisées – ou achevées – en atelier. Parfaitement abouties (on ne discerne pas la trace du pinceau ou le coup porté par le ciseau du sculpteur), elles étaient très proches d’un rendu photographique. Les peintures étaient destinées à être présentées dans des cadres, souvent en bois doré qui améliorent l’éclat des couleurs utilisées et l’effet de perspective.

 

Musée Anne-de-Beaujeu – Salle « Salon de peinture »

 

Comment s’est formée cette collection?

Cette collection a commencé à se former dès la création du musée, aux alentours de 1850, avec des dons consentis par des collectionneurs ou les artistes eux-mêmes, des achats, notamment à la suite d’expositions, et des dépôts de l’État. À l’image de nombreux musées, l’enrichissement des collections s’est réalisé avec une vision encyclopédique, souvent grâce à des opportunités. L’ancrage local est présent sans être prépondérant.
À partir de 1975, le conservateur souhaite donner un nouveau visage au musée de Moulins et propose de constituer une collection cohérente d’œuvres marquées par l’académisme du 19e siècle. Cette production artistique est depuis le début du siècle très dénigrée car elle a été éclipsée par les avant-gardes comme l’impressionnisme.
Le conservateur, soutenu dans ses choix par des historiens de l’art et par les pouvoirs publics, fait de nombreux achats dans des galeries d’art, auprès de particuliers ou lors de ventes aux enchères à des prix qui apparaissent aujourd’hui très raisonnables.
Ces « artistes officiels » sont aujourd’hui pleinement réhabilités. Ils bénéficient de recherches universitaires, d’expositions, de publications et leur côte s’est envolée !

 

Un accrochage particulier.

Les collections du musée sont riches et le musée dispose d’espaces contraints. Une présentation générale très dense a été retenue dans le cadre du réaménagement du musée pour que les visiteurs puissent profiter pleinement des œuvres.

Cet accrochage fait en outre référence aux Salons de peinture et de sculpture, grandes expositions officielles se déroulant à Paris depuis le 18e siècle qui dévoilaient au public les œuvres des artistes agréées par l’Académie des Beaux-Arts. Ces manifestations, très populaires, se tenaient au musée du Louvre, dans le Salon carré, tous les ans ou tous les deux ans.

Les visiteurs achetaient un livret pour connaitre le nom des artistes et les sujets représentés. Ce document en est une version modernisée.

Cette muséographie était également adoptée dans tous les musées afin de présenter un grand nombre d’œuvres car les réserves étaient quasi inexistantes.
Durant l’entre-deux-guerres, les conservateurs privilégient un accrochage de plus en plus espacé, sur des murs aux couleurs neutres et utilisent des cadres plus simples. Ils aspirent à mettre en valeur une sélection d’œuvres et à constituer des parcours de visite plus linéaires.

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